Expatriation dans les pays d’Europe de l’Est, quels sont les pays les plus attractifs fiscalement

Expatriation dans les pays d’Europe de l’Est, quels sont les pays les plus attractifs fiscalement
En bref Les pays d’Europe de l’Est attirent de plus en plus de profils mobiles qui cherchent à changer de résidence fiscale ou à structurer des revenus internationaux. Pour les rentiers, retraités et investisseurs, la Bulgarie se distingue par une fiscalité simple et faible. Pour les dirigeants et entrepreneurs, l’Estonie est souvent la plus pertinente grâce à son impôt sur les sociétés dû principalement lors des distributions. La Hongrie et la République tchèque peuvent offrir un équilibre intéressant, mais avec des paramètres sociaux et de structure plus sensibles.

La recherche d’une expatriation fiscale vers les pays de l’Est répond souvent à deux objectifs très différents.

  • Optimiser la fiscalité personnelle sur des revenus de capitaux, dividendes, intérêts, plus-values, pensions, et sécuriser un transfert de résidence fiscale.
  • Optimiser la fiscalité de l’activité via une société opérationnelle ou une holding, en combinant impôt sur les sociétés, règles de distribution de dividendes, et coût social des rémunérations.

Nous analysons ici, de façon pragmatique, les pays de l’Est les plus recherchés, avec un focus sur la Bulgarie, l’Estonie, la Hongrie et la République tchèque. L’approche est volontairement orientée décision, car une installation réussie ne se résume pas à un taux d’impôt. Elle dépend aussi des critères de résidence fiscale, de la substance, du centre des intérêts économiques, de la gouvernance des sociétés et de la preuve du changement de vie.

Note méthodologique Les taux ci-dessous correspondent aux régimes de droit commun applicables en 2026, hors dispositifs sectoriels et hors conventions fiscales spécifiques. Avant toute décision, une revue sur mesure est indispensable, notamment si vous conservez des attaches dans votre ancien pays de résidence, des fonctions de direction, ou des sociétés contrôlées à l’étranger.
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Quels profils pour quels pays de l’Est

Rentiers, retraités, investisseurs

Pour ce profil, les critères les plus déterminants sont la fiscalité des dividendes et des plus-values, la simplicité déclarative, l’existence ou non d’une taxation patrimoniale, et la capacité à démontrer un véritable transfert de résidence fiscale.

En pratique la Bulgarie est fréquemment la plus attractive pour les rentiers grâce à une fiscalité personnelle linéaire et une taxation des dividendes historiquement très faible. La République tchèque peut être pertinente sur certains revenus, mais avec une fiscalité personnelle progressive sur les revenus d’activité. La Hongrie doit être analysée avec attention, car la fiscalité des dividendes peut intégrer une composante sociale plafonnée.

Dirigeants, entrepreneurs, sociétés et holdings

Pour un dirigeant, la comparaison doit intégrer trois étages.

  • La fiscalité de la société (impôt sur les sociétés et taxes locales).
  • Le coût social et fiscal d’une rémunération de dirigeant.
  • La fiscalité de sortie (dividendes, plus-values, management fees), et la crédibilité de la gouvernance depuis le pays d’accueil.

Dans ce segment, l’Estonie est souvent un choix structurant grâce à son modèle où l’imposition corporate est principalement due lors des distributions. La Hongrie se positionne avec un impôt sur les sociétés très faible, mais un environnement social et déclaratif à paramétrer précisément. La Bulgarie combine simplicité et taux faibles, mais l’attractivité dépend fortement du projet, notamment en présence d’investisseurs et de distributions régulières.

Bulgarie : l’option “simple et efficace” pour la fiscalité personnelle

L’expatriation en Bulgarie séduit par une promesse claire : des taux faibles, une logique de flat tax et une lecture généralement prévisible du coût fiscal.

Impôt sur les personnes physiques en Bulgarie

  • Impôt sur le revenu : 10 % (taux de droit commun).
  • Dividendes : 5 % en principe, via une retenue à la source finale sur dividendes, sur la base du régime interne. À titre de référence, cette retenue est prévue notamment par le Corporate Income Tax Act bulgare, article 194.

Impôt sur les sociétés en Bulgarie

  • Impôt sur les sociétés : 10 % (taux de droit commun).
  • Dividendes sortants : 5 % en principe vers des non-résidents, avec des exemptions possibles selon la nature du bénéficiaire et le cadre européen.

Simulation Bulgarie (rentier)

Hypothèse : vous devenez résident fiscal en Bulgarie et percevez 100 000 euros de dividendes annuels (dividendes de sociétés étrangères, hors cas d’exonération spécifique).

  • Taxe sur dividendes à 5 % : 5 000 euros.
  • Revenu net après impôt sur dividendes : 95 000 euros.

Ce cas est attractif sur le papier. Il doit toutefois être confronté à la structure juridique des sociétés distributrices et à la convention fiscale applicable.

Estonie : l’approche “entrepreneur” grâce à l’impôt dû à la distribution

Expatriation en Estonie est rarement un pur sujet de rente. C’est d’abord un pays de structuration pour entrepreneurs et dirigeants, car la logique est différente : le profit conservé dans la société n’est pas taxé comme dans un schéma classique, et l’impôt corporate devient un outil de pilotage au moment des distributions.

Impôt sur les personnes physiques en Estonie

  • Impôt sur le revenu : 22 % en 2026 (taux de droit commun).
  • Abattement de base : 700 euros par mois, soit 8 400 euros par an, et 776 euros par mois à l’âge de la retraite, soit 9 312 euros par an, ce qui peut améliorer le taux effectif sur des revenus modérés.

Impôt sur les sociétés en Estonie

  • Principe : pas d’impôt sur les bénéfices tant qu’ils ne sont pas distribués.
  • Distribution : taxation à 22 / 78 du montant net distribué (mécanisme de calcul propre au modèle estonien).

À comprendre avant de choisir l’Estonie L’avantage majeur existe si vous capitalisez dans la société, réinvestissez, ou lissez vos distributions. Si votre objectif est de sortir chaque année la quasi-totalité du résultat en dividendes pour vivre, la comparaison doit être faite “à distribution constante” et l’écart avec d’autres pays peut se réduire.

Simulation Estonie (dirigeant actionnaire)

Hypothèse : une société estonienne génère 200 000 euros de résultat annuel, et vous distribuez 100 000 euros nets.

  • Impôt au moment de la distribution : 22 / 78 du net distribué, soit environ 28 205 euros.
  • Coût total pour distribuer 100 000 euros nets : environ 128 205 euros prélevés sur le résultat.
  • Résultat restant dans la société pour réinvestir : environ 71 795 euros.

La conclusion n’est pas seulement fiscale. Elle repose sur la gouvernance réelle, la localisation de la direction effective, et la cohérence entre votre résidence fiscale et l’endroit où les décisions stratégiques sont prises.

Hongrie : impôt sur les sociétés très bas, mais attention à la couche sociale

L’expatriation en Hongrie peut séduire des dirigeants qui cherchent une fiscalité corporate faible, tout en acceptant un cadre social plus technique à paramétrer.

Impôt sur les personnes physiques en Hongrie

  • Impôt sur le revenu : 15 % (flat tax).
  • Dividendes : 15 % d’impôt sur le revenu, avec en complément une contribution sociale (souvent 13 %) applicable dans certains cas, plafonnée. À titre de référence, cette logique de plafond est notamment rattachée au cadre de la contribution sociale tel qu’organisé par l’Act LII of 2018 on Social Security Contributions, avec un plafonnement fréquemment exprimé à 24 fois le salaire minimum.

Impôt sur les sociétés en Hongrie

  • Impôt sur les sociétés : 9 % (taux de droit commun).
  • Fiscalité locale : une taxe locale sur l’activité peut s’ajouter selon la commune et l’assiette retenue, ce qui modifie l’effectif global.

Simulation Hongrie (dividendes)

Hypothèse : vous êtes résident fiscal hongrois et vous percevez 100 000 euros de dividendes sur l’année.

  • Impôt sur le revenu à 15 % : 15 000 euros.
  • Contribution sociale potentielle : à modéliser selon votre situation, vos autres revenus soumis à contribution, et le plafond annuel applicable.

Pourquoi la Hongrie nécessite une vraie modélisation Deux personnes avec le même montant de dividendes peuvent payer un coût très différent selon leurs salaires, leurs autres revenus, et la consommation du plafond social dans l’année. C’est un point fréquent de mauvaise surprise si l’on compare uniquement des taux “théoriques”.

République tchèque : un cadre robuste, fiscalité cohérente, mais moins “agressive” sur le papier

L’expatriation en République tchèque s’adresse souvent à des profils qui recherchent un pays européen solide, une fiscalité lisible, et un équilibre entre vie personnelle et environnement business, plutôt qu’une optimisation maximale.

Impôt sur les personnes physiques en République tchèque

  • Impôt sur le revenu : 15 % jusqu’à un certain niveau de revenus, puis 23 % au-delà (progressivité).
  • Dividendes : retenue à la source de 15 % en règle générale.
  • Le cadre légal de référence est notamment la loi n° 586/1992 Coll., Income Taxes Act, qui structure l’impôt sur le revenu et l’imposition des revenus de capitaux.

Impôt sur les sociétés en République tchèque

  • Impôt sur les sociétés : 21 % (taux de droit commun).
  • Régimes de participation : des exonérations peuvent exister sur certains flux intragroupe sous conditions, ce qui peut être pertinent pour une logique de holding, mais l’analyse dépend de la structure internationale.

Simulation République tchèque (rentier)

Hypothèse : 100 000 euros de dividendes perçus par un résident fiscal tchèque.

  • Retenue à 15 % : 15 000 euros.
  • Revenu net après retenue : 85 000 euros.

Quel pays choisir pour votre expatriation

  • Vous vivez de dividendes et cherchez la simplicité : la Bulgarie est souvent la plus compétitive, sous réserve de sécuriser le transfert de résidence fiscale et de vérifier le cadre applicable aux dividendes au moment de la mise en place.
  • Vous êtes entrepreneur et vous capitalisez dans votre société : l’Estonie est fréquemment la plus pertinente, car l’impôt sur les sociétés se pilote au moment de la distribution.
  • Vous cherchez une fiscalité corporate basse : la Hongrie est attractive, mais la couche sociale sur certains revenus, notamment les dividendes, impose une modélisation précise.
  • Vous privilégiez un cadre stable et “mainstream” : la République tchèque offre un équilibre, souvent moins agressif fiscalement, mais robuste et parfois plus simple à défendre en cas de contrôle sur la réalité de l’installation.

Le risque le plus fréquent Le risque n’est pas seulement le taux d’impôt. C’est une contestation du transfert de résidence fiscale, ou une remise en cause de la direction effective d’une société. En d’autres termes, changer de pays sans changer réellement l’organisation de sa vie et de ses décisions expose à une requalification coûteuse.

Comment Valmerand vous accompagne sur le changement de résidence

Valmerand accompagne les dirigeants, investisseurs, rentiers et retraités sur des projets complets de mobilité internationale. Notre approche est juridique et opérationnelle, orientée sécurisation.

  • Audit de résidence fiscale et cartographie des risques de requalification, avec recommandations de preuves et de documentation.
  • Modélisation chiffrée comparative, incluant impôts des expatriés, coût social, fiscalité des distributions et scénarios de rémunération.
  • Structuration internationale : sociétés opérationnelles, holdings, flux de dividendes, management fees, gouvernance et direction effective.
  • Coordination locale avec conseils et prestataires sur place, et pilotage des formalités clés liées au transfert de résidence fiscale.
  • Stratégie de conformité : calendrier déclaratif, obligations de substance, et sécurisation des flux transfrontaliers.

Si vous envisagez une expatriation dans les pays de l’est, nous pouvons construire une recommandation pays par pays, puis un plan d’exécution concret pour sécuriser votre installation et vos revenus.

FAQ

Quels sont les pays de l’Est les plus attractifs fiscalement pour les rentiers ?

La Bulgarie ressort souvent en tête pour les rentiers grâce à une fiscalité personnelle faible et une taxation des dividendes historiquement limitée. La décision doit toutefois intégrer vos attaches, vos conventions fiscales applicables et la preuve du transfert de résidence fiscale.

L’Estonie est-elle intéressante si je veux vivre uniquement de dividendes chaque année ?

L’Estonie est surtout performante pour les entrepreneurs qui capitalisent et réinvestissent. Si vous distribuez chaque année la quasi-totalité du résultat, l’avantage se pilote différemment et une simulation “à distribution constante” est nécessaire.

La Hongrie est-elle réellement à 9 % d’impôt sur les sociétés ?

Le taux d’impôt sur les sociétés est de 9 % en droit commun. En revanche, une taxe locale peut s’ajouter et certains revenus, notamment les dividendes côté personne physique, peuvent supporter une couche sociale plafonnée selon votre situation.

Peut-on créer une holding dans un pays de l’Est pour réduire l’imposition ?

Oui, mais l’efficacité dépend de la substance, de la direction effective, des règles anti-abus, des conventions fiscales et de la nature des revenus. Une holding sans réalité opérationnelle est un schéma fréquemment contesté.

Quelles sont les erreurs fréquentes lors d’une expatriation fiscale vers l’Est ?

Les erreurs les plus fréquentes sont de sous-estimer la preuve du changement de résidence fiscale, de conserver le centre de décision dans son ancien pays de résidence, ou de mettre en place une structure sociétaire incohérente avec la réalité de la direction effective.

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