
Les impôts à Maurice
- Impôts sur les revenus des personnes physiques : barème progressif de 0 % jusqu’à MUR 500 000, 10 % sur la tranche suivante de MUR 500 000, puis 20 % au-delà. Revenus étrangers des personnes physiques résidentes non imposables si non rapatriés à Maurice.
- Impôts sur la fortune : 0 %
- Impôts sur la succession / sur la donation : 0 %
- Impôts sur les revenus des sociétés : 15 %, taux de 3 % pour certaines sociétés exportatrices de biens, partial exemption de 80 % ou 95 % sur certains revenus ou activités sous conditions.
- TVA : 15 %
- Impôts sur les cryptomonnaies : 0 à 15 % en fonction des opérations
La fiscalité de l’île Maurice est l’une des plus attractives et des plus lisibles dans l’espace international. Pour un contribuable privé, un entrepreneur, un investisseur ou un expatrié, l’intérêt de Maurice tient à une combinaison de facteurs : une fiscalité des sociétés compétitive, une imposition des personnes physiques encore modérée, l’absence d’impôt annuel général sur la fortune et un cadre juridique souvent recherché pour les projets de mobilité internationale, d’investissement et de structuration patrimoniale.
La fiscalité mauricienne doit toutefois être analysée à la lumière de la résidence fiscale, de la qualification des revenus, des règles propres aux sociétés, des mécanismes de remittance basis applicables aux revenus étrangers des personnes physiques résidentes et, le cas échéant, des conventions fiscales internationales applicables.
Impôts sur les revenus des personnes physiques
La fiscalité mauricienne des personnes physiques a connu une évolution importante récente. Depuis l’année de revenu commencée le 1er juillet 2025, le système repose sur un barème simplifié à trois niveaux : 0 % sur les premiers MUR 500 000 de revenu imposable, 10 % sur les MUR 500 000 suivants et 20 % sur le solde. Maurice ne peut donc plus être présentée, en 2026, comme une juridiction à simple flat tax généralisée pour les personnes physiques.
Pour les contribuables à très hauts revenus, une contribution additionnelle spécifique, la Fair Share Contribution, peut s’ajouter à l’impôt sur le revenu. Cette contribution vise les personnes dont le seuil de revenus concernés excède MUR 12 millions sur une année de revenu. Elle est fixée à 15 % de la partie du revenu concerné excédant ce seuil et s’applique, selon les textes actuellement en vigueur, aux revenus perçus du 1er juillet 2025 au 30 juin 2028.
La question déterminante demeure néanmoins celle de la résidence fiscale. À Maurice, une personne physique est notamment regardée comme résidente si elle y est présente au moins 183 jours sur l’année de revenu concernée, ou si elle y est présente durant cette année et les deux années précédentes pendant une durée agrégée d’au moins 270 jours, ou encore si elle y a son domicile sauf si son lieu de résidence permanent se trouve à l’étranger.
Pour les personnes physiques résidentes, les revenus étrangers ne sont pas appréhendés exactement comme dans un système de taxation mondiale classique intégrale. Les revenus de source étrangère d’un particulier résident sont imposables lorsqu’ils sont reçus ou remisés à Maurice. Ce point constitue l’un des éléments majeurs de l’attractivité de Maurice pour certains profils internationaux, sous réserve d’une analyse précise de la notion de remittance, des conventions fiscales et de la substance réelle de l’installation. Les revenus non rapatriés à Maurice ne sont donc pas imposables à Maurice.
Enfin, il faut relever que les dividendes versés par une société résidente mauricienne figurent parmi les revenus exonérés d’impôt sur le revenu. Cette donnée est particulièrement importante dans une logique de structuration patrimoniale ou de détention d’actifs via une société mauricienne, même si l’analyse doit toujours être menée en tenant compte du pays de résidence du bénéficiaire final et des règles anti-abus applicables.
Impôts sur la fortune
Maurice ne connaît pas, à la différence de certains systèmes fiscaux européens, d’impôt annuel général sur la fortune assis sur le patrimoine net du contribuable. C’est l’une des raisons pour lesquelles la juridiction est régulièrement étudiée dans des projets de mobilité internationale et de réorganisation patrimoniale.
Impôts sur les successions et sur les donations
L’île Maurice est une juridiction sans estate duty ni inheritance tax.
La matière successorale mauricienne doit toutefois être lue en articulation avec le droit civil applicable à la transmission, la localisation des actifs, les règles de conflit de lois et, le cas échéant, la fiscalité du pays d’origine des parties concernées.
Impôts sur les sociétés
L’impôt sur les sociétés à Maurice est fixé à 15 % dans le régime de droit commun. Certaines sociétés engagées dans l’exportation de biens bénéficient d’un taux spécifique de 3 %. À ce taux de base s’ajoutent des dispositifs de partial exemption, à hauteur de 80 % ou 95 %, pour certaines catégories de revenus ou d’activités, sous réserve du respect des conditions de substance et de présence économique effectivement requises à Maurice.
En pratique, cela signifie qu’une lecture sérieuse de la fiscalité des sociétés mauriciennes ne doit jamais s’arrêter au seul taux nominal de 15 %. Il faut également analyser la nature précise du revenu, l’éligibilité éventuelle à une partial exemption ainsi que l’existence de conditions de substance.
Depuis le 1er juillet 2025, certaines entreprises sont en outre exposées à une Fair Share Contribution au niveau corporate. Cette contribution vise, sous conditions, les sociétés ayant à la fois un niveau significatif de supplies et un chargeable income supérieur à MUR 24 millions. Son taux est en principe de 5 % pour les sociétés soumises à l’impôt de droit commun à 15 %, et de 2 % pour celles relevant du taux de 3 %. Ce mécanisme s’applique, selon les textes actuels, jusqu’au 30 juin 2028.
Il convient enfin d’ajouter que Maurice reste généralement présentée comme une juridiction sans retenue à la source sur les dividendes, ce qui contribue à son attractivité dans certaines structurations internationales. Là encore, une analyse au cas par cas reste indispensable, notamment en présence d’actionnaires non-résidents, de flux transfrontaliers et de conventions fiscales.
TVA
La TVA mauricienne est fixée au taux normal de 15 %. Elle s’applique aux fournitures taxables de biens et services réalisées à Maurice par une personne enregistrée à la TVA dans le cadre ou à l’occasion d’une activité économique.
Pour les opérateurs internationaux, les questions de TVA à Maurice doivent être appréciées avec attention en présence de flux digitaux, de prestations transfrontalières, de fournisseurs étrangers de services électroniques ou d’activités mixtes entre Maurice et l’étranger.
Impôts sur les cryptomonnaies
La fiscalité des cryptomonnaies à Maurice est celle applicable aux revenus des personnes physiques. Comme dans la plupart des autres juridictions, une activité considérée comme professionnelle peut changer la qualification fiscale. Pour les opérations menées en dehors de Maurice et dont les gains ne sont pas rapatriés à Maurice, les revenus ne sont pas imposables sous le régime non-dom.
Dans une logique de sécurisation juridique, les opérations sur cryptomonnaies à Maurice doivent donc être documentées avec rigueur. La fréquence des opérations, l’origine des fonds, la qualification exacte des gains, le lieu de réalisation des opérations et les modalités de détention sont des points à analyser soigneusement.
Régimes fiscaux et avantages fiscaux spécifiques pour les expatriés
À Maurice, l’attractivité fiscale pour les expatriés ne repose pas uniquement sur un régime d’impatriation autonome au sens de certains dispositifs européens. Elle résulte surtout d’une combinaison entre règles de droit commun favorables, traitement particulier des revenus étrangers des personnes physiques résidentes et dispositifs de résidence ou de séjour spécialement ouverts aux non-citoyens.
Les principaux avantages fiscaux recherchés dans un projet d’expatriation à Maurice tiennent notamment au traitement des revenus étrangers sur une logique de remittance basis pour les particuliers résidents (pas d’imposition sur les revenus non rapatriés à Maurice), à l’exonération des dividendes versés par une société résidente mauricienne, à l’absence d’impôt annuel général sur la fortune et à l’environnement globalement favorable aux investissements internationaux.
Sur le plan du séjour et de la résidence, il existe plusieurs portes d’entrée pour les non-citoyens : résidence par acquisition de certains biens immobiliers au-delà du seuil réglementaire applicable, statut de retraité non-citoyen à partir de 50 ans sous condition de transferts réguliers, et Premium Visa pour les séjours longs. Il faut souligner que, pour le Premium Visa, les revenus de source mauricienne du titulaire, tels que les rémunérations correspondant à du travail effectué à distance depuis Maurice, sont imposés sur une base de remittance, c’est-à-dire selon une logique alignée sur celle des revenus étrangers.
La véritable question n’est donc pas de savoir si Maurice est “fiscalement attractive” de manière abstraite. La bonne question est de déterminer si, compte tenu de la résidence fiscale antérieure, de la source des revenus, du patrimoine concerné, de la structure sociétaire envisagée et du calendrier de transfert, l’installation à Maurice peut être sécurisée de manière cohérente, opposable et durable.
Simulation fiscale pour un entrepreneur à Maurice
Dans le cas d’un entrepreneur se versant 200 000 euros de dividendes par an et percevant le salaire minimum annuel mauricien, le taux global d’imposition est de 14,9 %.
Ce calcul repose sur une hypothèse standard, hors allègement SME, en incluant IS, absence d’impôt sur les dividendes, IRPP, CSG, NSF et PRGF sur le salaire minimum. À Maurice, l’IS ordinaire est de 15 %, les dividendes d’une société résidente sont exonérés chez l’actionnaire, le salaire minimum 2026 est de Rs 17 745/mois, l’IRPP est de 0 % sur les premiers Rs 500 000, et les cotisations sur ce salaire sont de 2,5 % côté salarié et 10 % côté employeur au taux standard.
Calcul retenu : 200 000 / 0,85 = 235 294 € avant IS, IS = 35 294 €, dividendes = 0 € d’impôt, sur le salaire minimum mauricien, l’impôt sur le revenu est nul et il faut seulement ajouter les cotisations obligatoires salariées et patronales.
Le taux global est obtenu en rapportant tous les prélèvements (IS + cotisations salariales + cotisations patronales) au coût économique total nécessaire pour financer les 200 000 € de dividendes et le salaire minimum, on arrive ainsi à 14,9 %, légèrement sous 15 % parce que la petite poche de salaire minimum est déductible pour la société et très peu fiscalisée.
Les impôts à Maurice en résumé
La fiscalité à l’île Maurice dispose d’atouts réels pour les entrepreneurs, investisseurs, retraités internationaux et familles mobiles : impôt sur les sociétés compétitif, revenus étrangers des particuliers résidents imposables selon une logique de remittance, dividendes locaux exonérés, absence d’impôt annuel général sur la fortune et environnement structuré pour l’accueil des non-citoyens.
Pour autant, la matière exige une lecture technique. Le régime réellement applicable dépend toujours de la résidence fiscale, de la nature exacte des revenus, de la documentation des flux, des règles de substance et des conventions fiscales internationales. Une installation réussie à Maurice suppose donc une analyse juridique individualisée et une mise en œuvre rigoureuse.
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