Évolutions fiscales pour les expatriés en Uruguay en 2026

Évolutions fiscales pour les expatriés en Uruguay en 2026
En bref
À compter du 1er janvier 2026, l’Uruguay fait évoluer son attractivité pour les nouveaux arrivants. D’un côté, l’assiette imposable des revenus étrangers des résidents fiscaux s’élargit en l’absence d’option spécifique. De l’autre, un nouveau régime « tax holiday » pour les personnes qui deviennent résidentes fiscales à partir de 2026 permet, sous conditions, de maintenir une exonération effective sur certaines revenus de source étrangère pendant onze exercices. Ces changements imposent une approche structurée pour sécuriser un transfert de résidence fiscale et calibrer les investissements requis.

L’Uruguay demeure une juridiction recherchée pour un projet d’expatriation fiscale, notamment grâce à sa stabilité institutionnelle et à une fiscalité de l’expatriation historiquement favorable pour les nouveaux résidents. Toutefois, la réforme entrée en vigueur au 1er janvier 2026 modifie deux paramètres clés.

Premièrement, les règles d’imposition applicables aux revenus de source étrangère évoluent lorsque l’on devient résident fiscal uruguayen. Deuxièmement, le régime d’avantages fiscaux destiné aux nouveaux résidents est refondu, avec des conditions financières plus exigeantes selon le mode d’accès à la résidence fiscale.

Ce qui change au 1er janvier 2026 pour la fiscalité des expatriés

La réforme issue de la loi budgétaire uruguayenne Ley No. 20.446 (Presupuesto Nacional 2025–2029) introduit, pour les personnes qui acquièrent la résidence fiscale à compter du 1er janvier 2026, une évolution importante dans le traitement des revenus étrangers.

Point d’attention
À partir de 2026, en l’absence d’option « tax holiday », l’Uruguay élargit la taxation, au titre de l’IRPF, de certaines catégories de revenus et plus-values provenant de l’étranger. La structuration patrimoniale et le calendrier du transfert de résidence fiscale deviennent donc déterminants.

Concrètement, l’intention du législateur est de limiter les situations où un contribuable devient résident fiscal tout en continuant à percevoir, sur une longue durée, des revenus de capitaux et des gains patrimoniaux étrangers totalement hors champ. Cela ne signifie pas que l’Uruguay devient un système d’imposition mondiale au sens large. Néanmoins, le périmètre des revenus étrangers visés est significativement élargi, en particulier pour les revenus du capital et certains gains.

Nouveau « tax holiday » dès 2026 : un avantage maintenu, mais encadré

Pour préserver l’attractivité du pays, la Ley No. 20.446 met en place, pour les personnes qui deviennent résidentes fiscales à partir du 1er janvier 2026, un nouveau dispositif souvent qualifié de « tax holiday ». L’objectif est clair. Offrir une période d’allègement sur la fiscalité des revenus étrangers, tout en l’adossant à des critères objectifs et, dans certains cas, à des conditions financières.

Le mécanisme repose sur une option, en principe exercée une seule fois, permettant au nouveau résident fiscal de relever de l’IRNR sur une période couvrant l’exercice de changement et les dix exercices suivants. Dans la pratique, cela revient à neutraliser l’imposition uruguayenne sur les revenus étrangers éligibles pendant onze exercices.

Ce que couvre le tax holiday 2026
Le dispositif est centré sur des revenus de capitaux de source étrangère et certains gains de source étrangère. Il ne s’agit pas d’une exonération générale sur tous types de revenus mondiaux. Le périmètre doit être vérifié au cas par cas avant de changer de résidence fiscale.

Conditions d’accès au tax holiday en 2026

Les conditions sont structurées autour de trois axes.

1. Condition de non-résidence antérieure
Le contribuable ne doit pas avoir été résident fiscal en Uruguay au cours des deux exercices fiscaux précédents, et ne doit pas avoir déjà utilisé un régime antérieur de « tax holiday », sous réserve d’exceptions prévues par la réglementation.

2. Condition liée au mode d’acquisition de la résidence fiscale
Lorsque la résidence fiscale est acquise par la présence physique en Uruguay pendant plus de 183 jours sur l’année civile, l’accès au tax holiday est, en pratique, possible sans condition d’investissement.

3. Conditions financières si la résidence fiscale est obtenue autrement que par 183 jours
Si la résidence fiscale est acquise par une autre voie, l’accès au tax holiday suppose, en principe, de satisfaire à des seuils d’investissement fixés par la réforme.

Nouvelles conditions financières 2026 pour bénéficier du tax holiday
Pour les nouveaux résidents fiscaux qui n’acquièrent pas la résidence fiscale par le critère des 183 jours, l’accès au régime peut notamment être conditionné à
– un investissement immobilier supérieur à 12 500 000 unités indexées, soit environ 2 000 000 dollars américains selon les indices et taux de change
ou
– des apports dans certains véhicules de financement de projets productifs, de recherche ou d’innovation d’au moins 625 000 unités indexées par an, soit environ 100 000 dollars américains selon les indices et taux de change
Ley No. 20.446 (Presupuesto Nacional 2025–2029).

Après la période d’exonération : deux trajectoires possibles

À l’issue de la période de onze exercices, la réforme prévoit des options supplémentaires pour le traitement futur de certains revenus étrangers, afin d’éviter un basculement immédiat au régime standard.

Selon le profil et le niveau de présence locale, il peut exister une option de taxation forfaitaire annuelle sur une durée longue, ou une option de taxation à taux réduit sur une période plus courte, sous réserve d’investissements additionnels. La calibration de ces options est une composante majeure de la planification de l’expatriation fiscale.

Résidence fiscale et résidence légale : ne pas confondre

Un projet de transfert de résidence fiscale en Uruguay impose de distinguer la résidence fiscale, qui dépend de critères fiscaux, et la résidence légale, qui dépend de règles migratoires. Les deux sujets se pilotent en parallèle, mais ils ne se superposent pas systématiquement.

Sur le plan fiscal, l’Uruguay (souvent surnommée la Suisse de l’Amérique latine, compte tenu de sa stabilité) reconnaît notamment la résidence fiscale au regard de critères tels que la présence physique, le centre d’intérêts vitaux, ou la base d’intérêts économiques. Les voies « par investissement » ont été structurées par des textes réglementaires, dont le Decreto No. 163/020, qui a précisé certaines conditions, notamment des seuils d’investissement et un critère de présence minimale dans l’année civile.

Repère pratique sur la résidence fiscale par investissement
Le Decreto No. 163/020 a notamment consacré des voies de résidence fiscale fondées sur l’investissement, combinant un seuil d’investissement et, selon les cas, une présence minimale en Uruguay sur l’année civile. Ces critères servent à établir une résidence fiscale, indépendamment des démarches migratoires.

Impacts concrets pour les impôts des expatriés en 2026

Les changements 2026 conduisent à un point de méthode. Il ne suffit plus d’identifier si l’Uruguay est fiscalement attractif. Il faut déterminer dans quel scénario il le reste, en fonction du type de revenus, de la structure patrimoniale, et du mode d’accès à la résidence fiscale.

Les situations les plus sensibles sont celles où le contribuable perçoit des revenus du capital depuis l’étranger, détient des sociétés ou des actifs susceptibles de générer des plus-values, ou conserve un patrimoine immobilier à l’international. Dans ces cas, le choix entre une résidence fiscale fondée sur 183 jours, une résidence fondée sur un investissement, et l’exercice du tax holiday modifie substantiellement la charge fiscale attendue.

Méthode recommandée pour changer de résidence fiscale vers l’Uruguay

Un transfert de résidence fiscale doit être traité comme une opération juridique et fiscale complète, et non comme une simple formalité. L’enjeu est double.
D’une part, sécuriser la résidence fiscale uruguayenne au regard des critères locaux.
D’autre part, organiser la sortie de l’ancien pays de résidence et limiter les risques de contestation, de double résidence fiscale, ou de conflit de qualification sur les revenus.

Bon réflexe
Avant de changer de résidence fiscale, il est recommandé d’établir une cartographie de revenus et d’actifs, puis un calendrier d’actions. L’efficacité d’un régime comme le tax holiday dépend souvent du moment où les revenus sont réalisés et de la manière dont ils sont structurés.

Services Valmerand pour la résidence fiscale et l’expatriation fiscale vers l’Uruguay

Valmerand accompagne les particuliers et dirigeants internationaux dans leurs projets d’expatriation fiscale en Uruguay, avec une approche orientée sécurité juridique, cohérence patrimoniale et maîtrise du risque de double imposition.

Notre assistance couvre notamment
– l’analyse de votre situation actuelle et des risques liés à l’ancien pays de résidence avant le transfert de résidence fiscale
– la définition d’une stratégie de résidence fiscale compatible avec vos contraintes de mobilité, incluant l’arbitrage entre présence de 183 jours et voies par investissement
– l’étude d’éligibilité au régime tax holiday 2026 et la préparation de l’option, avec vérification du périmètre des revenus concernés
– la structuration des flux de revenus, dividendes, intérêts, plus-values et patrimoines immobiliers au regard des règles uruguayennes applicables dès 2026
– la coordination des démarches administratives et la documentation probante, afin de sécuriser durablement votre statut

Si vous envisagez de vivre en Uruguay ou d’y organiser un changement de résidence fiscale, nous pouvons vous accompagner sur l’ensemble de la procédure, incluant les nouveautés 2026, les conditions financières pertinentes et les points de vigilance liés à la fiscalité de l’expatriation.

FAQ – Uruguay

Qu’est-ce qui change en 2026 pour la fiscalité de l’expatriation en Uruguay ?

À compter du 1er janvier 2026, l’Uruguay modifie le traitement de certaines catégories de revenus étrangers pour les résidents fiscaux, et refond le régime d’allègement pour les nouveaux résidents via un nouveau tax holiday prévu par la Ley No. 20.446 (Presupuesto Nacional 2025–2029).

Le tax holiday 2026 est-il automatique lorsque l’on devient résident fiscal ?

Non. Il s’agit d’une option et son accès dépend notamment du mode d’acquisition de la résidence fiscale et, dans certains cas, du respect de conditions financières d’investissement. Une analyse préalable est nécessaire pour vérifier l’éligibilité et l’intérêt du dispositif.

Quelles sont les nouvelles conditions financières 2026 pour bénéficier du tax holiday ?

Lorsque la résidence fiscale n’est pas acquise via le critère de présence de plus de 183 jours, l’accès peut dépendre d’un investissement immobilier supérieur à 12 500 000 unités indexées, ou d’investissements annuels dans certains fonds d’au moins 625 000 unités indexées, conformément aux dispositions de la Ley No. 20.446.

Comment sécuriser un transfert de résidence fiscale vers l’Uruguay ?

Il convient de documenter l’effectivité de la résidence fiscale uruguayenne, de traiter la sortie de l’ancien pays de résidence, et d’organiser le calendrier des revenus et opérations patrimoniales. La sécurisation passe aussi par une cohérence entre mode de vie, preuve de présence, et structuration des actifs.

Résidence fiscale et résidence légale en Uruguay, est-ce la même chose ?

Non. La résidence fiscale relève de critères fiscaux, tandis que la résidence légale relève du droit des étrangers. Les deux processus sont complémentaires mais distincts. Certains textes, comme le Decreto No. 163/020, encadrent des voies d’accès à la résidence fiscale fondées sur l’investissement.

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