En bref
- Depuis le 1 janvier 2026, Chypre a introduit un régime dédié aux gains sur crypto-actifs avec un taux d’imposition forfaitaire de 8 % sur certains événements de disposition.
- Le régime vise les profits liés à la vente, au don, à l’échange crypto contre crypto et à l’utilisation d’un crypto-actif comme moyen de paiement, sur la base de l’article 20E de l’Income Tax Law 118(I)/2002.
- Les pertes sur crypto-actifs sont cantonnées aux gains sur crypto-actifs de la même année et ne se reportent pas.
- Le mining est exclu de ce forfait et retombe dans les règles générales, ce qui impose une analyse au cas par cas.
- Le statut non domicile reste un élément central pour les revenus de type dividendes et intérêts, au regard de la Special Contribution for the Defence Law 117(I)/2002.
Chypre s’est imposée au fil des années comme une juridiction européenne de référence pour les entrepreneurs internationaux et les investisseurs mobiles. La réforme entrée en vigueur au 1 janvier 2026 marque une étape importante pour l’écosystème crypto, avec un mécanisme légal explicite visant les profits sur crypto-actifs, dans un environnement qui demeure compétitif et lisible notamment pour les nouveaux résidents.
Nous présentons ici les règles fiscales applicables aux cryptomonnaies à Chypre, en distinguant les cas les plus fréquents, et en mettant en perspective les principaux avantages fiscaux pour les investisseurs. Pour une vision plus globale de la fiscalité locale, vous pouvez consulter notre page dédiée Fiscalité à Chypre, ainsi que la page de notre cabinet expatriation à Chypre.
Le principe depuis 2026, un impôt forfaitaire de 8 % sur les profits de disposition
À compter des exercices fiscaux débutant le 1 janvier 2026, l’article 20E de l’Income Tax Law 118(I)/2002 encadre spécifiquement les profits réalisés sur crypto-actifs. L’idée est simple, certains profits liés aux opérations de disposition sont taxés à un taux unique de 8 %, sans agrégation au barème progressif de l’impôt sur le revenu.
Le champ d’application est large et concerne, en substance, les profits réalisés lors des opérations suivantes :
- Vente d’un crypto-actif
- Don d’un crypto-actif
- Échange d’un crypto-actif contre un autre crypto-actif
- Utilisation d’un crypto-actif comme moyen de paiement
Point de méthode
Le texte vise des profits de disposition. En pratique, la qualification et la base taxable reposent sur la capacité du contribuable à reconstituer un prix de revient fiable et un prix de cession en euros, sur la base de justificatifs, d’extraits de plateformes, et d’un historique cohérent.
Définition des crypto-actifs et périmètre pratique
La réforme s’aligne sur une définition européenne des crypto-actifs, en renvoyant aux concepts issus du cadre MiCA. Cette approche est favorable aux contribuables car elle évite, en principe, une définition nationale trop étroite ou trop évolutive.
Dans la pratique, on vise généralement les cryptomonnaies dites de paiement et d’investissement, ainsi que de nombreux jetons utilitaires. Certains cas frontières, notamment des NFT présentant des caractéristiques proches d’instruments financiers, peuvent appeler une qualification distincte. Une analyse préalable reste recommandée lorsque l’activité porte sur des produits hybrides, des dérivés, ou des tokens présentant des droits économiques assimilables à des titres.
Calcul du profit imposable, points clés de preuve et de cohérence
Le droit chypriote ne fournit pas, à ce jour, une méthode unique et impérative de type FIFO ou prix moyen pondéré pour toutes situations. En pratique, l’enjeu est de retenir une méthode cohérente, documentée et appliquée de manière constante, en conservant un dossier probant.
Les postes suivants sont classiquement examinés lors de la détermination du profit :
- Prix de cession ou valeur en euros au moment de la disposition, y compris en cas d’échange crypto contre crypto
- Prix de revient, incluant le cas échéant les frais directement attribuables
- Frais de transaction et commissions de plateformes
- Traçabilité on chain et correspondance avec les comptes d’échange
Événements imposables à surveiller
L’échange crypto contre crypto et l’usage comme moyen de paiement sont explicitement visés par l’article 20E. Un contribuable peut donc déclencher une imposition sans conversion en monnaie fiat, ce qui justifie une comptabilité de portefeuille rigoureuse.
Mining, staking, airdrops, DeFi, ce qui relève du forfait et ce qui peut en sortir
Le régime forfaitaire de 8 % ne s’applique pas aux gains sur crypto-actifs acquis via mining, lesquels relèvent des règles générales. Cette exclusion est structurante car le mining peut rapprocher l’activité d’une logique professionnelle, avec des conséquences sur la qualification des revenus, la déductibilité des coûts, et la documentation attendue.
Pour le staking, le lending, certains airdrops, ou des revenus DeFi, la question centrale est la qualification fiscale. Selon la structuration, on peut être face à un revenu assimilable à une rémunération, à un revenu de nature financière, ou à un profit de disposition ultérieur lors de la vente des actifs reçus. L’approche prudente consiste à segmenter les flux.
- Un flux de revenus courants au moment de la réception, le cas échéant imposable selon les règles générales
- Un profit de disposition lors de la vente, de l’échange ou de l’utilisation comme paiement, potentiellement dans le champ de l’article 20E
Tableau de synthèse, quels impôts sur les cryptomonnaies à Chypre
| Situation | Événement | Règle chypriote principale | Taux indicatif | Commentaires pratiques |
|---|---|---|---|---|
| Investisseur particulier | Vente, don, échange crypto contre crypto, paiement en crypto | Régime dédié de l’article 20E de l’Income Tax Law 118(I)/2002 | 8 % | Imposition sur le profit de disposition, nécessité d’un historique fiable et d’une valorisation en euros |
| Trader intensif | Opérations fréquentes, arbitrages, activité structurée | En principe 8 % sur les dispositions visées, avec analyse renforcée de la substance et des autres revenus | 8 % | Le forfait est attractif, mais la traçabilité et la conformité deviennent déterminantes |
| Mining | Acquisition par validation ou calcul | Exclusion du forfait, application des règles générales | Selon cas | Analyse au cas par cas, documentation des coûts, équipements, consommation et organisation |
| Entreprise chypriote | Dispositions de crypto-actifs | Article 20E visant les profits de toute personne, sous réserve de qualification et de périmètre | 8 % | Attention aux autres revenus hors 20E, le taux standard de l’impôt sur les sociétés est de 15 % depuis 2026 |
| Portefeuille long terme | Conservation puis vente ou échange | Le critère de long terme ne supprime pas l’application de 20E en cas de disposition visée | 8 % | Le point clé est la reconstitution du prix de revient et la preuve de la chronologie |
Pourquoi Chypre reste attractive pour la crypto, avantages fiscaux et avantages de sécurité juridique
L’attractivité de Chypre ne tient pas à un unique taux, mais à une combinaison d’éléments qui, ensemble, rendent la planification plus prévisible.
- Un taux forfaitaire de 8 % sur des événements clairement identifiés, en droit positif, à compter de 2026
- Un cadre européen, avec une définition des crypto-actifs alignée sur le cadre UE
- Un environnement favorable aux nouveaux résidents, notamment via le statut non domicile sur certaines catégories de revenus financiers au regard de la Special Contribution for the Defence Law 117(I)/2002
- Une place structurée pour les sociétés, avec un impôt sur les sociétés à 15 % depuis 2026, tout en conservant des régimes et outils de planification dans le respect des standards internationaux
À retenir pour les nouveaux résidents
L’avantage fiscal ne se résume pas à la taxation des cessions. Il faut intégrer le traitement des revenus connexes, comme certains rendements, les flux intersociétés, et la structuration patrimoniale globale. Une stratégie efficace d’expatriation cryptomonnaies commence par la qualification des flux.
Points d’attention, résidence fiscale, substance, et obligations de conformité
Les sujets fiscaux crypto sont désormais étroitement liés à la conformité et à la capacité de prouver l’origine des fonds et la trajectoire des actifs. Une installation à Chypre doit donc être construite autour de trois piliers :
- Résidence fiscale et cohérence des liens personnels et économiques
- Substance en cas d’activité via société, notamment direction effective et preuves de gestion locale
- Traçabilité des opérations et conservation des documents, y compris en cas d’usage de protocoles DeFi
| Thème | Bon réflexe | Pourquoi c’est important |
|---|---|---|
| Historique des transactions | Exporter régulièrement les données des plateformes et archiver les preuves on chain | Justifier le prix de revient et la base taxable en euros |
| Méthode de valorisation | Documenter une méthode cohérente et la maintenir dans le temps | Limiter les contestations sur le calcul du profit |
| Segmentation des flux | Distinguer revenus courants et profits de disposition | Éviter les mélanges de natures fiscales différentes |
| Mining et activités assimilables | Qualifier l’activité et centraliser les justificatifs de coûts | Le mining est exclu du forfait de 8 % prévu par l’article 20E |
| Structuration via société | Assurer une direction effective à Chypre et une gouvernance traçable | Réduire le risque de remise en cause de la résidence de la société |
Sécuriser une stratégie crypto à Chypre avec Valmerand
La réforme chypriote applicable depuis le 1 janvier 2026 apporte une sécurité juridique bienvenue pour les investisseurs en crypto-actifs, grâce à un taux forfaitaire de 8 % sur des événements clairement listés à l’article 20E de l’Income Tax Law 118(I)/2002. Pour autant, l’optimisation ne se limite pas à un taux affiché. La qualification des flux, l’organisation de la résidence fiscale, et la documentation opérationnelle restent déterminantes.
Notre cabinet accompagne les investisseurs, dirigeants et familles dans la structuration, l’installation et la conformité, y compris en matière crypto, avec une approche coordonnée entre fiscalité, immigration et gouvernance. N’hésitez pas à nous consulter.
FAQ – Impôt crypto à Chypre
Quel est l’impôt sur les cryptomonnaies à Chypre depuis 2026 ?
Depuis le 1 janvier 2026, les profits issus de certaines dispositions de crypto-actifs sont soumis à un impôt forfaitaire de 8 % sur la base de l’article 20E de l’Income Tax Law 118(I)/2002.
Un échange crypto contre crypto est-il imposable à Chypre ?
Oui. L’article 20E vise expressément l’échange d’un crypto-actif contre un autre crypto-actif. Cela implique une valorisation en euros au moment de l’échange afin de déterminer un profit imposable.
Le mining est-il taxé à 8 % à Chypre ?
Non. Le texte prévoit que le régime forfaitaire ne s’applique pas aux gains sur crypto-actifs acquis via mining. Dans ce cas, les règles générales s’appliquent, et une analyse de la qualification de l’activité est nécessaire.
Les pertes crypto peuvent-elles s’imputer sur d’autres revenus à Chypre ?
Les pertes sur crypto-actifs sont cantonnées aux gains sur crypto-actifs et uniquement sur la même année. Elles ne se reportent pas sur les années suivantes.
Le statut non domicile supprime-t-il l’impôt de 8 % sur les cessions de crypto ?
Non. Le statut non domicile concerne la Special Contribution for the Defence, notamment sur dividendes et intérêts au regard de la loi 117(I)/2002. Le forfait de 8 % sur les profits de disposition relève de l’impôt sur le revenu et s’apprécie séparément.
Une société chypriote paie-t-elle 8 % ou 15 % sur ses profits crypto ?
Le taux standard de l’impôt sur les sociétés est de 15 % depuis 2026. Toutefois, l’article 20E vise les profits de toute personne sur certaines dispositions de crypto-actifs avec un taux de 8 %, ce qui peut s’appliquer aux sociétés selon la nature des opérations et leur qualification. Une revue du périmètre exact et des autres revenus est indispensable.
