Expatriation en Italie : s’installer en Italie et profiter des avantages fiscaux offerts par l’Italie
En bref
L’Italie demeure, en 2026, une destination de premier plan pour les personnes qui souhaitent organiser une expatriation dans un cadre à la fois patrimonial, fiscal et personnel solide. Pour les retraités, certains territoires du sud de l’Italie permettent encore, sous conditions, une taxation forfaitaire à 7 % sur les revenus de source étrangère. Pour les rentiers, les investisseurs internationaux et les dirigeants de groupes, le régime des néo-résidents prévu par l’article 24-bis du TUIR permet, lorsqu’il est applicable, de substituer aux impositions ordinaires sur les revenus étrangers un forfait annuel désormais fixé à 300 000 euros. L’intérêt d’une installation en Italie dépend toutefois d’une analyse préalable sérieuse de la résidence fiscale, de la nature exacte des revenus, de la structuration patrimoniale et de la procédure d’installation.
Choisir l’Italie pour réorganiser sa résidence fiscale n’est plus seulement un choix de qualité de vie. C’est aussi, dans un certain nombre de situations, une décision de stratégie patrimoniale. Entre grandes métropoles internationales, littoral, régions à forte attractivité résidentielle et zones du Mezzogiorno ouvrant accès à des dispositifs ciblés, l’Italie propose aujourd’hui plusieurs voies d’installation selon le profil du contribuable.
Pour un retraité disposant d’une pension étrangère, pour un dirigeant pilotant des sociétés internationales, ou pour un rentier vivant de dividendes, de coupons, de distributions ou de plus-values, partir vivre en Italie peut permettre de combiner sécurité juridique, environnement de vie de qualité et fiscalité plus lisible. Encore faut-il structurer correctement l’arrivée, la résidence effective, la chronologie du transfert et la documentation fiscale.
Pourquoi l’Italie attire de plus en plus de candidats à l’expatriation
L’Italie a progressivement construit un arsenal fiscal destiné à attirer des profils à forte mobilité internationale. Le régime des néo-résidents, prévu par l’article 24-bis du décret du Président de la République n° 917 du 22 décembre 1986, permet à une personne qui transfère sa résidence fiscale en Italie, et qui n’a pas été résidente fiscale italienne pendant au moins neuf des dix périodes d’imposition précédentes, d’opter pour une imposition substitutive sur ses revenus étrangers.
Depuis le 1er janvier 2026, le montant de cette imposition substitutive annuelle est porté à 300 000 euros pour le contribuable principal. L’extension aux membres de la famille demeure possible, avec un coût additionnel désormais fixé à 50 000 euros par personne. Le régime peut produire ses effets pendant quinze années au maximum, ce qui lui donne une vraie profondeur patrimoniale pour les familles internationales et les entrepreneurs mobiles.
Point d’attention
Le régime italien des néo-résidents ne signifie pas une absence d’impôt en Italie. Il signifie que les revenus de source étrangère entrant dans le champ de l’option sont couverts par un forfait annuel. En revanche, les revenus de source italienne restent, sauf cas particuliers, imposés selon les règles ordinaires italiennes.
Sur le plan pratique, cette architecture intéresse tout particulièrement trois catégories de personnes.
D’abord les retraités, lorsque leurs pensions sont versées par des organismes étrangers et que leur projet de vie est compatible avec les zones d’implantation visées par le régime spécial à 7 % de l’article 24-ter du TUIR. Ensuite les dirigeants de groupes ou de holdings internationales, qui souhaitent centraliser leur vie personnelle dans un pays européen crédible tout en neutralisant, par un forfait connu à l’avance, la fiscalité italienne sur leurs revenus étrangers. Enfin les rentiers et investisseurs, pour lesquels la lisibilité d’un coût fiscal annuel fixe peut être plus intéressante qu’une taxation variable sur les dividendes, intérêts, distributions ou gains de cession de source étrangère.
S’installer en Italie suppose une vraie résidence fiscale italienne
Avant toute réflexion sur l’avantage fiscal, la première question est celle de la résidence. En droit italien, la résidence fiscale des personnes physiques s’apprécie au regard des critères posés à l’article 2 du TUIR, tels qu’interprétés par l’administration. Pour la majeure partie de l’année fiscale, soit au moins 183 jours, la présence physique en Italie, la résidence habituelle ou encore le centre principal des intérêts personnels peuvent suffire à fonder la résidence fiscale italienne.
Autrement dit, une expatriation en Italie ne se résume pas à louer un appartement à Milan, à Rome ou sur le lac de Côme. Il faut organiser une installation réelle. Le logement, la vie familiale, les habitudes de présence, la cohérence entre les agendas, les contrats, les comptes bancaires, les consommations, la gouvernance des sociétés et les pièces administratives doivent converger.
C’est précisément à ce stade que les erreurs coûtent cher. Une installation mal préparée peut conduire à une double résidence, à une contestation de la date effective du transfert ou à une remise en cause de la cohérence générale du schéma patrimonial.
Le régime du forfait fiscal italien pour les dirigeants, rentiers et familles internationales
Lorsqu’il est applicable, le régime de l’article 24-bis constitue l’outil central pour les profils patrimoniaux élevés. Son intérêt est simple à comprendre. Au lieu d’être imposé en Italie, selon les règles ordinaires, sur l’ensemble des revenus de source étrangère relevant du champ de l’option, le contribuable acquitte une somme fixe annuelle. En 2026, cette somme est de 300 000 euros.
En pratique, ce régime peut être particulièrement pertinent pour un dirigeant qui perçoit des dividendes étrangers importants, pour un investisseur réalisant des revenus mobiliers internationaux élevés ou pour une famille détenant un patrimoine financier diffus dans plusieurs juridictions. Il apporte de la prévisibilité, ce qui est souvent déterminant dans une stratégie de mobilité internationale.
Le régime présente aussi des effets périphériques souvent décisifs. La doctrine administrative italienne a précisé que le néo-résident bénéficie, dans le périmètre du régime, d’une exonération d’IVIE et d’IVAFE ainsi que d’un allégement du monitoring fiscal sur les actifs étrangers, ce qui réduit sensiblement la pression déclarative sur les patrimoines internationaux. Cette dimension est souvent sous-estimée alors qu’elle compte beaucoup pour les familles très internationalisées.
À retenir
Le régime du forfait fiscal italien est avant tout un régime de simplification et de prévisibilité pour les revenus étrangers élevés. Il est souvent pertinent lorsque les revenus annuels de source étrangère atteignent un niveau tel que la fiscalité ordinaire italienne deviendrait sensiblement supérieure au forfait.
Il existe néanmoins des limites techniques. Les revenus de source italienne restent imposés selon le régime ordinaire. En outre, l’administration a de longue date attiré l’attention sur le traitement des plus-values liées à certaines participations qualifiées au cours des cinq premières années du régime. Une analyse ligne par ligne des actifs et des perspectives de cession est donc indispensable avant l’installation.
Exemples pratiques et simulations chiffrées
Le rentier international.
Une personne perçoit 1 800 000 euros de revenus annuels de source étrangère, composés de dividendes, intérêts et distributions de véhicules d’investissement étrangers. Si cette personne remplit les conditions de l’article 24-bis, son coût fiscal italien sur les revenus étrangers entrant dans le régime sera, en principe, plafonné à 300 000 euros pour l’année considérée. Le taux effectif ressort alors à 16,67 %.
Dans une logique purement économique, plus le volume de revenus étrangers augmente, plus l’intérêt relatif du forfait s’accroît. À 3 000 000 euros de revenus étrangers annuels, le coût fixe de 300 000 euros correspond à un taux effectif de 10 %. À 5 000 000 euros, le taux effectif tombe à 6 %. Pour des profils patrimoniaux élevés, l’Italie conserve donc, même après la hausse de 2026, une réelle compétitivité.
Le dirigeant de groupe international.
Un entrepreneur transfère sa résidence en Italie et continue à percevoir de l’étranger 2 500 000 euros par an de dividendes et de distributions provenant de sociétés non italiennes, tout en se versant 180 000 euros de rémunération liée à une activité effectivement exercée en Italie. Les revenus étrangers peuvent, sous réserve d’éligibilité et de qualification correcte, relever du forfait de 300 000 euros. En revanche, la rémunération de source italienne restera soumise au régime italien ordinaire. Il faut donc distinguer, dès la structuration, les flux personnels étrangers couverts par l’option et les flux italiens taxables de manière classique.
Le couple patrimonial.
Un couple avec deux enfants majeurs souhaite s’installer en Italie. Le contribuable principal opte pour le régime à 300 000 euros et étend l’option à son conjoint ainsi qu’à un enfant disposant d’un patrimoine personnel significatif. Le coût annuel du régime sera alors de 400 000 euros, soit 300 000 euros pour le principal et 50 000 euros pour chacun des deux membres de la famille ajoutés. Si la famille perçoit ensemble 4 500 000 euros de revenus étrangers par an, le taux effectif global ressort à 8,89 %.
Le cas particulier des retraités qui souhaitent vivre en Italie
Pour les retraités, l’Italie propose un second régime, distinct du forfait des néo-résidents. L’article 24-ter du TUIR permet, sous conditions, l’application d’une imposition substitutive de 7 % sur les revenus de source étrangère des personnes titulaires d’une pension versée par un organisme étranger. Ce régime vise les personnes qui transfèrent leur résidence dans certains communes du Mezzogiorno répondant aux critères démographiques fixés par la loi.
En pratique, ce régime est souvent très attractif pour un retraité qui cherche une installation stable dans le sud de l’Italie, avec un coût fiscal limité et un cadre de vie très qualitatif. Il ne s’adresse pas aux mêmes profils que l’article 24-bis. Là où le forfait des néo-résidents répond à une logique patrimoniale haut de gamme, le régime à 7 % répond davantage à une logique de vie, de retraite et de revenus étrangers réguliers.
Exemple simple. Un retraité perçoit 220 000 euros de pension étrangère et 80 000 euros de revenus mobiliers étrangers, soit 300 000 euros de revenus étrangers annuels au total. Si les conditions de l’article 24-ter sont réunies, le coût fiscal italien de référence sera de 21 000 euros, soit 7 % de 300 000 euros. La différence de philosophie avec le régime à 300 000 euros des néo-résidents est évidente. Le bon régime dépend donc du profil, du niveau de revenus et du lieu d’installation envisagé.
Bon réflexe
Pour un retraité, la question n’est pas seulement de savoir si l’Italie est attractive fiscalement. Il faut aussi vérifier si la pension entre bien dans le champ du texte, si la commune d’installation est éligible et si le projet de vie est réellement compatible avec les contraintes du régime.
Partir vivre en Italie ne se résume pas à la fiscalité
Une expatriation réussie en Italie suppose également de traiter les sujets civils, migratoires et patrimoniaux. Les ressortissants de l’Union européenne bénéficient d’une liberté d’installation sous réserve des formalités locales d’enregistrement. Les ressortissants extra-européens doivent, selon leur situation, articuler la stratégie fiscale avec le bon titre de séjour ou le bon visa. L’Italie dispose notamment d’un visa investisseur, distinct de la logique fiscale, qui peut constituer un outil pertinent pour certains profils non européens.
Il faut également anticiper les conventions fiscales applicables entre l’Italie et l’ancien État de résidence, la qualification des dividendes, intérêts, pensions et gains, le traitement des trusts, fondations ou holdings personnelles, ainsi que les règles de succession et de donation. Une expatriation mal séquencée peut conduire à conserver une exposition fiscale inattendue dans l’État quitté, tout en créant des obligations nouvelles en Italie.
Les services du cabinet Valmerand pour une expatriation en Italie
Le cabinet Valmerand accompagne les particuliers, dirigeants, investisseurs et familles internationales dans l’ensemble de la procédure d’expatriation en Italie, depuis l’audit préalable jusqu’à la sécurisation post-installation.
Notre intervention comprend notamment l’analyse de faisabilité du projet d’installation, la qualification des revenus et des actifs concernés, l’étude de l’éligibilité au régime de l’article 24-bis ou au régime de l’article 24-ter, l’identification des points de friction avec l’ancien pays de résidence, l’audit de résidence fiscale effective, la revue des structures de détention, la coordination avec les fiscalistes et avocats italiens locaux, ainsi que la préparation de la documentation utile à l’installation.
Le cabinet peut également assister ses clients sur les sujets suivants : calendrier optimal du transfert, pré-audit patrimonial, analyse des plus-values latentes, organisation des flux entre holdings et personnes physiques, vérification de la substance personnelle et familiale en Italie, préparation des échanges avec les conseils italiens et sécurisation globale de la cohérence du dossier.
Notre approche
Une expatriation en Italie ne se traite pas par un simple prisme déclaratif. Elle se construit comme une opération juridique complète, avec une chronologie précise, une documentation cohérente et une articulation étroite entre résidence, patrimoine, flux internationaux et objectifs familiaux.
S’installer en Italie dans les meilleures conditions
S’installer en Italie peut constituer une excellente décision pour un retraité souhaitant bénéficier du régime à 7 %, pour un dirigeant international recherchant un cadre européen stable, ou pour un rentier qui souhaite transformer une fiscalité variable sur ses revenus étrangers en un coût annuel fixe et prévisible. En 2026, malgré le relèvement du forfait des néo-résidents à 300 000 euros, l’Italie reste très compétitive pour les patrimoines et revenus étrangers significatifs.
La vraie question n’est donc pas de savoir si l’Italie offre des avantages fiscaux. La vraie question est de savoir si votre profil, vos revenus, votre calendrier et votre structure patrimoniale permettent d’en tirer parti sans créer de risque inutile. C’est précisément sur ce point qu’un accompagnement juridique sérieux fait la différence.
Le cabinet Valmerand vous accompagne pour structurer, sécuriser et mettre en œuvre votre expatriation en Italie avec une approche à la fois technique, opérationnelle et internationale.
FAQ
L’Italie est-elle encore intéressante fiscalement en 2026 malgré la hausse du forfait à 300 000 euros ?
Oui, pour les contribuables disposant de revenus étrangers élevés. Plus le niveau des revenus de source étrangère est important, plus le taux effectif du forfait devient compétitif.
Le régime italien des néo-résidents s’applique-t-il à tous les revenus ?
Non. Il vise les revenus de source étrangère entrant dans le champ de l’option. Les revenus de source italienne restent en principe taxés selon les règles ordinaires italiennes.
Un retraité peut-il bénéficier du même régime qu’un entrepreneur international ?
Pas nécessairement. Les retraités peuvent relever, sous conditions, du régime spécifique de l’article 24-ter avec une imposition de 7 % sur les revenus étrangers. Les entrepreneurs et rentiers s’orientent plus souvent vers le régime de l’article 24-bis.
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